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Aidants: 7 signes qui montrent que vous êtes peut-être
au bord de l'épuisement
Savez-vous quel est le point commun entre de nombreux proches aidants ?
Ils repèrent souvent la fatigue de leur proche bien avant de repérer la leur. Pourtant, l’épuisement des aidants
est une réalité fréquente et souvent sous-estimée.
Accompagner une personne fragilisée par la maladie, le handicap, le grand âge ou des difficultés de santé mentale demande une énergie considérable.
Que vous accompagniez un parent vieillissant ou touché par la maladie Alzheimer, un enfant en situation de handicap, un conjoint en souffrance psychique, un frère atteint d’un cancer ou tout autre proche, votre aide compte.
Elle peut prendre de nombreuses formes : des visites régulières, des appels téléphoniques, une présence quotidienne, une aide administrative, une vigilance constante ou une organisation de tous les instants.
Et bien souvent, sans même vous en rendre compte, vous passez au second plan.
Vous vous réveillez fatigué, même après une nuit de sommeil.
Vous avez l’impression de courir toute la journée sans jamais avoir de temps pour vous.
Vous continuez à accompagner votre proche parce que vous l’aimez, mais vous sentez parfois que vos réserves s’épuisent.
Si vous vous reconnaissez dans ces quelques lignes, sachez une chose : vous n’êtes pas seul.
Lorsque j’ai été moi-même aidante, je pensais que cette fatigue était normale. Je savais reconnaître les difficultés de mon proche.
Mais je ne savais pas reconnaître les miennes.
Avec le recul, je réalise que plusieurs signaux étaient pourtant déjà présents. Or, mieux repérer les signes de l’épuisement des aidants
permet d’agir avant que la fatigue ne devienne trop importante.
Je vous propose aujourd’hui de découvrir 7 signes qui peuvent indiquer que vous êtes en train de vous épuiser.

1. Votre corps vous envoie des signaux d’alerte
Maux de dos, tensions dans les épaules, douleurs articulaires, migraines, troubles digestifs…
Le corps exprime parfois ce que nous n’avons pas encore pris le temps d’écouter.
Ces douleurs ne sont pas toujours liées à l’âge ou au hasard. Elles peuvent être le reflet d’une fatigue physique et émotionnelle qui s’accumule.
Si elles apparaissent ou s’intensifient depuis que vous accompagnez votre proche, elles méritent votre attention.
2. Votre sommeil n’est plus réparateur
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Vous avez du mal à vous endormir. Vous vous réveillez plusieurs fois dans la nuit. Ou bien vous dormez huit heures mais vous vous sentez malgré tout épuisé au réveil.
Une pensée en entraîne une autre :
« Ai-je bien pris ce rendez-vous ? »
« Comment va-t-il demain ? »
« Que vais-je faire si son état s’aggrave ? »
La nuit devient alors le prolongement des préoccupations de la journée.
3. Vos émotions deviennent plus difficiles à gérer
Vous vous surprenez à vous énerver plus rapidement.
Une remarque anodine vous touche davantage qu’avant.
Vous pleurez plus facilement.
Ou vous ressentez une tristesse qui semble s’installer durablement.
Ces réactions ne signifient pas que vous êtes faible.
Elles peuvent simplement indiquer que vos ressources émotionnelles commencent à s’épuiser.
4. Vous avez du mal à vous concentrer
Vous relisez plusieurs fois le même paragraphe. Vous oubliez certains rendez-vous.
Vous commencez une tâche puis passez à une autre sans terminer la première.
Vous avez parfois l’impression d’avoir un brouillard dans la tête.
Lorsque notre esprit est constamment mobilisé par les besoins d’un proche, il devient plus difficile d’être disponible pour le reste.
5. Le sentiment de culpabilité est de plus en présent
C’est probablement l’un des signes les plus fréquents chez les aidants.
Vous avez l’impression de ne jamais en faire assez.
Vous culpabilisez lorsque vous prenez du temps pour vous.
Vous culpabilisez lorsque vous êtes fatigué.
Vous culpabilisez lorsque vous ressentez parfois de l’agacement ou le besoin de souffler.
Petit à petit, cette culpabilité s’installe et devient presque normale.
Cette culpabilité est fréquente chez les aidants, mais elle ne devrait jamais devenir votre mode de fonctionnement permanent.
6. Vous ressentez moins de joie dans votre quotidien
Souvenez-vous de ce que vous aimiez faire auparavant.
Lire,
Aller au Musée,
Jardiner,
Marcher au bord de la mer, en forêt ou en ville,
Voir des amis,
Créer,
Tester une nouvelle recette de cuisine,
Faire du sport…
Aujourd’hui, ces moments sont peut-être devenus plus rares. Par manque de temps, bien sûr.
Mais parfois aussi parce qu’une petite voix intérieure vous souffle que vous ne devriez pas prendre de plaisir alors que votre proche traverse des difficultés.
Conserver des sources de joie n’est pas un luxe. C’est un besoin.
7. Vous vous isolez progressivement
Vous refusez davantage d’invitations.
Vous appelez moins souvent vos proches.
Vous avez parfois le sentiment que toute votre vie tourne désormais autour de la situation de la personne que vous accompagnez.
L’isolement s’installe souvent discrètement.
Et pourtant, il fragilise considérablement les aidants.
Nous avons tous besoin d’espaces où nous pouvons être simplement nous-mêmes, sans avoir à porter la responsabilité de quelqu’un d’autre.
Parmi ces 7 signes, lequel vous parle le plus aujourd’hui ?
Prenons un temps pour faire le point
Je vous propose un petit exercice simple.
Prenez une feuille de papier et un crayon.
Installez-vous dans un endroit calme. Puis observez les changements intervenus dans votre vie.
Imaginez que vous êtes en train de conseiller une personne que vous aimez. Regardez votre situation avec la même bienveillance.

Si vous observez que plusieurs domaines de votre vie se sont dégradés de façon significative, il est peut-être temps de vous accorder autant d’attention que celle que vous offrez à votre proche.
Si vous vous reconnaissez dans la majorité de ces signes, n’hésitez pas à en parler à votre médecin traitant ou à un professionnel de santé.
Reconnaître ces signes n’est pas un aveu de faiblesse.
C’est au contraire une démarche de lucidité et de courage.
Car pour continuer à accompagner un proche dans la durée, il est essentiel de prendre soin de soi également.
Pendant longtemps, moi aussi, je voyais ces signaux sans vraiment les écouter.
Je pensais qu’il fallait simplement tenir.
Tenir encore un peu.
Puis encore un peu.
Avec le recul, je sais aujourd’hui que: Prendre soin de soi n’est pas abandonner son proche, mais bien au contraire c’est se donner les moyens de continuer à l’accompagner sans se perdre soi-même.
C’est aussi pour cela que j’ai créé Tenir l’Équilibre : pour offrir aux proches aidants un espace où ils peuvent se sentir compris, soutenus et retrouver un peu d’espace pour eux, sans renoncer à l’amour qu’ils portent à leur proche.
Prenez soin de vous. Vous comptez aussi.
PS : Si cet article vous a aidé, n’hésitez pas à le partager à un proche aidant qui pourrait en avoir besoin.
